Ce que la banque USB donne vraiment
Une banque de 10 000 mAh devrait remplir deux fois et demie un téléphone de 4 000 mAh ; elle le fait deux fois, et on soupçonne la banque. Deux choses se mêlent ici, et la manip les sépare. Les mAh de l’étiquette sont comptés à 3,7 V, ceux du testeur à 5 V : le nombre fond quand la tension monte, sans qu’un seul joule se perde. Et deux convertisseurs prennent leur part en chemin, celui de la banque qui monte à 5 V, celui du téléphone qui redescend à 3,85 V. En dix minutes, le testeur donne les Wh, et c’est en Wh que les deux comptes tombent justes.
Il faut
- Du tiroir : une banque USB avec son étiquette (les mAh, et souvent en petit les Wh et une « capacité nominale » à 5 V), son câble, un téléphone à moitié vide, une lampe USB d’au moins 1 W.
- À acheter : un testeur USB en ligne, du même connecteur que la banque (USB-A ou USB-C), qui affiche la tension, le courant, les mAh et les Wh cumulés et le temps (10 à 20 $ sur Amazon.ca ; les modèles qui ne donnent que U et I ne font pas l’affaire).
- En option : une seconde banque, sans marque, pour comparer.
Faire
AvantLe port USB donne 5 V et ne blesse pas. Ce qui blesse, c’est une banque qui chauffe au point qu’on ne peut plus la tenir, qui gonfle ou qui sent : on la débranche, on la pose dehors sur du béton, et on ne la recharge plus. On ne met jamais un fil nu entre les deux contacts du port ; le testeur se branche sur la prise, rien d’autre. Un téléphone en charge rapide peut demander 9 V au lieu de 5 : le testeur l’affiche, on note la tension lue et on calcule avec elle. L’étape 7 laisse la banque travailler seule une nuit : sur une surface qui ne brûle pas, loin du papier.
Lire l’étiquette. Noter les mAh, et la tension si elle est écrite (3,6, 3,7 ou 3,85 V). Convertir : Wh = mAh ÷ 1 000 × V. Si l’étiquette porte aussi « 6 000 mAh à 5 V », c’est le même contenu compté au port, rendement compris ; ce n’est pas une seconde capacité.
attendu37 Wh pour 10 000 mAh à 3,7 V, et le même nombre que les Wh imprimés s’ils le sontCharger la banque à plein la veille. Vider le téléphone sous la moitié.
attendutous les voyants de la banque allumés et fixes ; le téléphone entre 20 et 50 %Brancher le testeur sur la banque, le câble sur le testeur, le téléphone au bout. Remettre les compteurs à zéro. Lire U et I dès que la charge s’établit.
attendu4,8 à 5,2 V et 0,5 à 3 A ; ou 8,5 à 9,5 V si le téléphone négocie la charge rapide, et alors on calcule avec 9Calculer la puissance, P = U × I.
attendu2,5 à 10 W sous 5 V ; jusqu’à 18 W en charge rapideÀ dix minutes au compteur du testeur, lire les mAh et les Wh cumulés, puis vérifier : les mAh comptés, divisés par 1 000 et multipliés par la tension lue, redonnent les Wh comptés.
attenduà 1 A sous 5 V, environ 167 mAh et 0,83 Wh, proportionnel au courant luCompter les charges. Les Wh de l’étiquette multipliés par 0,85 (ce que la banque livre au port), puis par 0,9 (ce que le circuit de charge du téléphone laisse passer), divisés par les Wh du téléphone (ses mAh ÷ 1 000 × 3,85 V).
attendu37 × 0,85 × 0,9 ÷ 15,4, soit 1,8 charge, pas 2,5. La durée, elle, ne s’extrapole que sur une charge constante : c’est l’étape 7En option, remplacer le téléphone par la lampe, remettre à zéro, et laisser jusqu’à ce que la banque se coupe : une nuit, ou plus, à 1 W c’est trente heures. Lire les Wh et les mAh totaux.
attendu28 à 33 Wh pour 37 Wh d’étiquette sur une banque de marque, soit 75 à 90 % ; 60 % et moins sur une banque sans nom ; et des mAh au port autour de 6 000, loin des 10 000
Et ensuite ?
- 1.2 Les grandeurs : pourquoi l’ampère-heure est une charge et le wattheure une énergie.
- Le pack « 5 Ah » qui ne tient pas : le même raisonnement, sur la scie.
- 6.3 Le chargeur : pourquoi le courant du téléphone baisse vers la fin, et ce que la banque fait de ses 3,7 V pour en faire 5.